Séances Cinémolette : Programmation 2026

Rue Málaga (VO)

Vendredi 10 avril 20h30

Film multinational (Maroc, France, Espagne, Allemagne, Belgique) de Maryam Touzani avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane

Durée : 1h57 – en VOST

Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.

Après Le Bleu du caftan, la Marocaine Maryam Touzani revient avec une emballante tragi-comédie en forme d’hommage à sa ville natale, Tanger, et à sa grand-mère andalouse, à laquelle est dédié le film. Maryam Touzani est une cinéaste des émotions. Le récit suit la lente renaissance de Maria Angeles. Elle filme avec douceur la redécouverte de son corps, de son désir, de sa sensualité. Elle ajoute même une touche de malice irrésistible quand Maria Angeles raconte avec force détails ses aventures à son amie Josepha, bonne sœur ayant fait vœu de silence. Pour récupérer son appartement, Maria Angeles trouve également une idée à la fois conviviale et transgressive. Porté par une Carmen Maura exceptionnelle, Rue Málaga est à la fois courageux, subversif, drôle, touchant… et tout simplement beau. Une formidable tragi-comédie sur l’enracinement et la force de la vieillesse !

La maison des femmes

Vendredi 10 avril 18h

Film français de Mélisa Godet, avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara

Durée : 1h50

À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Dans ce lieu pionner où soins, écoute et solidarité s’entremêlent pour accompagner les femmes victimes de violences sur le chemin de la reconstruction, il y a toujours beaucoup de vie, de mouvement, d’agitation. On y vit au rythme des désillusions sur les soutiens budgétaires, sur la peur de manquer de moyens, sur les petits conflits au sein des équipes – parce qu’on n’a pas toujours la même vision du monde – et sur l’attachement indéniable, et parfois douloureux, aux patientes. Dans la maison on rit, on pleure, on se soutient, bref, une maison comme un idéal de société où chacun·e apporte sa pierre à l’édifice à sa façon, dans l’entraide et le respect. Inspiré de faits très réels, cette fiction a l’immense mérite de rendre visible l’extraordinaire travail de ces équipes au service des femmes, de nous faire pénétrer dans les coulisses d’une structure portée à bout de bras par des professionnel·les de multiples disciplines investi·es d’une même mission de service public, celle du soin. Ces infirmières, médecins, psychologues, thérapeutes, assistantes sociales, secrétaires… au service de leurs semblables, dans cette Maison qui est aussi un peu la leur. Ce film à vocation populaire, prouve que l’émotion au cinéma peut devenir d’utilité publique !

Maigret et le mort amoureux

Dimanche 5 avril 2026 – 16h

Film policier franco-belge de Pascal Bonitzer, avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot

Durée : 1h20

Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

Il y a du théâtre et de la tragédie antique dans cette histoire, et Pascal Bonitzer ne s’y est pas trompé en choisissant des interprètes essentiellement issus de la scène avec, au centre, Denis Podalydès de la Comédie Française, qui prête sa verve et sa malice au commissaire Maigret. Pas du tout bedonnant, pas franchement corpulent, il impose pourtant son incarnation du personnage avec ses trois accessoires cultes – un pardessus, un chapeau, une pipe, comme autant de vestiges d’un autre âge, anachronisme délicieux dans ce récit censé se dérouler au début du XXIe siècle –, avec sa détermination aussi vive que son esprit, avec son verbe incisif et sa normalité joyeuse. Mais c’est toute la distribution, étincelante, qu’il faudrait citer : on en distinguera l’exceptionnelles Anne Alvaro (immense tragédienne qui sait que jouer le drame exige de l’humour). Ce qui fait du bien également, c’est cette sensation de glisser, le temps d’un film, dans une bulle hors du temps, loin du fracas du monde, de sa course assommante à la modernité, et de voir à l’œuvre l’intelligence, la profondeur du récit et l’incroyable vitalité de ses personnages. 

Pour l’honneur de Gaza (VO)

Mardi 31 mars 2026 – 20h

Projection suivie d’un échange avec le réalisateur, en partenariat avec l’AFPS et dans le cadre du festival Palestine en vue.

Documentaire de Iyad Alasttal

Durée : 1h40 – en VOST

Destructrice implacable, la guerre révèle aussi la force de l’esprit humain. Les citoyens de Gaza, des personnes pleines de talents, entre autres musiciens, artistes, journalistes, des femmes, des hommes, des enfants, donnent vie à leurs inspirations malgré la souffrance infinie et transforment la douleur en énergie qui transcende le temps. Ainsi, la vie sous les bombardements, malgré son horreur, devient un témoignage poignant de la lutte pour la paix et la dignité.

Pour l’honneur de Gaza est un récit de survie mais aussi d’espoir, où l’amour et l’attachement à la vie du peuple palestinien à Gaza illuminent les jours sombres qu’ils endurent depuis plus de 17 mois. Un récit qui rappelle à chacun que, malgré la guerre et la destruction, la vie continue dans les camps et sous les tentes, et qui prouve que, même dans l’adversité, l’humanité du « peuple de Gaza » demeure indomptable.

La rivière au bout de mon jardin

Vendredi 27 mars 2026 – 20h30

Projection inscrite dans l’événement « Ecran nature, des films pour tous les regards », précédée d’une sortie oiseaux avec la LPO à 18h sur inscription et suivie d’un échange avec le réalisateur (+ d’informations à venir…)

Documentaire français de Guillaume Mazille

Durée : 1h26

Dans une rivière paradisiaque du sud de la France, un cinéaste globe-trotter, bloqué par la Covid, tourne un film poétique et introspectif sur la vie animale de sa région. Mais bientôt, une sécheresse met en péril la source de la rivière, menaçant l’existence même des animaux qu’il a appris à aimer. La formidable puissance de la vie triomphera-t-elle ?

Guillaume Mazille parcourt le globe depuis plus de 20 ans pour observer la nature et dénicher des espèces encore peu observées. Il travaille pour des journaux comme VSD, Paris Match, image doc, GEO ado, ou encore Terre Sauvage, BBC Wildlife magazine… Son film parle de petites bêtes, des petites choses de la vie, anodines de prime abord, qui entreront en résonance avec notre environnement proche et nos sociétés humaines. Il tente de donner des pistes sur ce que pourrait être la place de l’homme dans un futur proche.

Aucun autre choix (VO)

Vendredi 13 mars 2026 – 20h30

Encore un vendredi 13 à Cinémolette !

Thriller sud-coréen de Park Chan-Wook avec Lee Byung-Hun, Ye-jin Son, Park Hee-Soon

Durée : 2h19 / Interdit -12 ans – en VOST

Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Park Chan-wook adapte Le Couperet, le roman (très) noir, teigneux, cruellement drôle de l’américain Donald Westlake. Dans une mise en scène au cordeau, d’une époustouflante beauté, les aventures tragi-comiques et sanglantes du cadre qui se mue en meurtrier pour assurer la survie sociale de sa famille épousent parfaitement les contours de la société coréenne, corsetée par la sacro-sainte « valeur travail », qui a érigé la compétition en modèle indépassable. Assez proche dans la satire sociale du Parasite de son compatriote Bong Joon-ho, le réalisateur des remarquables Old boy, Mademoiselle ou Decision to leave contribue avec Aucun autre choix à dresser un portrait pas vraiment glamour du « miracle économique » coréen. Y aurait-il du tangage social au Pays « du matin [pas si] calme » ? 

Girls for tomorrow (VO)

Dimanche 8 mars 2026 – 15h

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes !

Documentaire de Nora Philippe

Durée : 1h38 – en VOST

En 2015, la réalisatrice débarque à New York avec un bébé dans les bras. En quête d’alliées pour renégocier maternité et féminisme et pour repenser le monde dans lequel sa fille grandira, elle découvre Barnard College, une prestigieuse université pour femmes. Sa rencontre avec Evy, Lila, Anta et Talia, quatre étudiantes engagées, marque le début d’un voyage intime et politique qui durera dix ans, de la fin des années Obama à l’avènement du fascisme trumpien. Tandis qu’elles construisent leur vie adulte, elles sont traversées par #MeToo, la crise climatique, Black Lives Matter ; elles ont 30 ans aujourd’hui et représentent les visages de la résistance, chacune militant pour une cause différente… Une histoire de sororités !

Issue d’une lignée de femmes qui engendraient des filles, la documentariste Nora Philippe a, elle aussi, donné naissance à une enfant. A son tour, elle s’est sentie « enfermée dans son genre, entre les quatre murs de sa maison ». Installée à New York, où son compagnon d’alors est venu enseigner, elle s’est mise « en quête de grandes sœurs et de petites sœurs, pour recomposer [sa] liberté et concevoir [son] prochain film ». Ainsi commence ce documentaire puissant, qui l’a menée en 2015 à la rencontre d’Anta, Evy, Lila et Talia, étudiantes au Barnard College, établissement pour filles affilié à Columbia University. Quatre jeunes femmes aux convictions politiques solides et portées à la militance, qu’elle entend suivre pendant trente ans. Des premières dix années passées à les filmer dans leurs combats et leurs orientations, Nora Philippe a tiré un premier opus plein de vie, de fantaisie et d’émotion, dans lequel l’engagement prend des formes diverses et résonne particulièrement sous la première présidence Trump – le film se clôt sur l’annonce de la seconde. Luttes pour le climat ou pour le droit des femmes, contre le racisme et le sectarisme : autant de thèmes honnis par le nouveau maître de la Maison-Blanche. « Je ne pensais pas te faire naître à l’heure du retour des fascismes, glisse Nora Philippe à sa fille de 9 ans. Je te souhaite de puiser dans de nouvelles sororités les batailles qui viennent. » À travers cette chronique, c’est à nous toustes qu’elle s’adresse.

Rebuilding (VO)

Vendredi 27 février 2026 – 21h30

Soirée L’après Festival du Premier Film d’Annonay, d’Est en Ouest : Left-handed girl à 18h30 suivi de Rebuilding à 21h30 – Petite restauration proposée à prix libre entre les 2 films

Film américain de Max Walker-Silverman avec Josh O’Connor, Meghann Fahy, Kali Reis

Durée : 1h35 – en VOST

Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie. Entouré de personnes qui, comme lui, ont tout perdu, des liens inattendus se tissent. Porté par l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire.

La nature est dévastée, mais le paysage dans lequel Dusty évolue n’est pas vide : de sa fillette à son ex-belle famille, en passant par ses voisins d’infortune, chaque portrait sonne juste, chaque silhouette est dessinée avec la même attention délicate. À travers tous ces personnages, le réalisateur et scénariste remet un peu de lumière dans les décombres, sans pour autant céder à la naïveté d’un récit entièrement réconfortant. La possibilité de « reconstruction » (« rebuilding », donc), ténue mais têtue, commence toujours par des contre-feux humains.

Left-handed girl (VO)

Vendredi 27 février 2026 – 18h30

Soirée L’après Festival du Premier Film d’Annonay, d’Est en Ouest : Left-handed girl à 18h30 suivi de Rebuilding à 21h30 – Petite restauration proposée à prix libre entre les 2 films

Film taïwanais de Tsou Shih-ching avec Janel Tsai, Shih-Yuan Ma, Nina Ye, Brando Huang, Akio Chen, Xin-Yan Chao

Durée : 1h49 – en VOST

Une mère célibataire et ses deux filles arrivent à Taipei pour ouvrir une petite cantine au cœur d’un marché nocturne de la capitale taïwanaise. Chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale. Trois générations de femmes qui racontent toutes à leur manière le poids des traditions, l’envie de modernité et la difficulté à exister entre les secrets, les non-dits et la peur du rejet social.

Toujours en mouvement dans l’effervescence de ce marché nocturne aux couleurs pop, plein de lumière, de son et de vie, la cinéaste suit au plus près ses trois protagonistes dans ces lieux exigus, avec une énergie qui nous emporte avec elles. Face aux attentes culturelles d’une famille aux traditions patriarcales – pour laquelle la peur du jugement ou du rejet social compte plus que les blessures qu’elle engendre – Shih-Ching Tsou brosse, avec une grande ingéniosité, un portrait de femmes tentant d’affirmer leur identité personnelle. En s’inspirant de ses souvenirs d’enfance, elle signe un film aussi drôle que touchant !

Animus Femina

Mardi 24 février – 20h30

Documentaire français de Eliane de Latour

Durée : 1h42

Ours, loups, bouquetins, bisons… sous un soleil d’hiver. Un rêve ancien reprend souffle avec quatre femmes en proximité avec la faune sauvage qui explorent nos relations au vivant à travers la réparation, la réflexion, l’art et le « vivre-avec ». Quatre parcours exceptionnels qui nous invitent à décentrer notre regard humain et à repenser nos manières d’habiter le monde à l’heure de la crise climatique.

Animus Femina met en lumière une relation féminine au vivant, lucide et engagée, qui interroge nos modèles de domination et propose d’autres récits inspirants pour les générations futures. Spectateurs et spectatrices récemment émerveillé·es par Le chant des forêts, ne passez pas à coté de cet autre film remettant en question nos manières d’habiter le monde à l’ère du basculement écologique que nous traversons !

10h10

Dimanche 22 février 2026 – 15h

Séance spéciale en présence du réalisateur David Garcia, des acteurs et actrice Jean-Marc Capparos, Noémie Guillot et Aurélien Dauchez et des représentants du Clos du Nid, projection suivie d’un échange avec l’équipe. Entrée libre et gratuite.

Film écrit et réalisé en 2025 par David Garcia et interprété par Jean-Marc Capparos, Noémie Guillot, Roxane Gosselin et Aurélien Dauchez

Durée : 1h10, tout public

10h10 est un road movie inclusif mettant en scène les résidents et éducateurs du Clos du Nid. Tourné entre le Pôle bois de Marvejols, le cirque de Navacelle et Port-Leucate, le film raconte le road trip d’un résident parti retrouver son fils, abordant avec sensibilité la parentalité et la fin de vie. Accompagnés par les dispositifs Atom et Satelli, les participants s’investissent pleinement dans ce projet de six mois, mêlant répétitions et tournage, illustrant la créativité et l’engagement de chacun dans une expérience artistique inclusive et fédératrice. Le court-métrage tiré du film a été sélectionné au festival « Regards croisés » de Saint-Malo en novembre 2025.

Ce film est le résultat d’une collaboration sur la thématique du handicap entre :

La Compagnie du Lézard :
Basée à Mende, en Lozère, la Compagnie du Lézard intervient auprès des personnes en situation de handicap depuis de nombreuses années. Elle s’est spécialisée dans la réalisation de films moyens et longs métrages, avec des éducateurs et des résidents. Ces créations abordent avec sensibilité des problématiques sociétales : la parentalité, la fin de vie, l’inclusion, l’empowerment…

Le Clos du Nid :
Le Clos du Nid à Marvejols accompagne des personnes en situation de handicap en proposant des lieux de vie adaptés, un accompagnement personnalisé et des actions favorisant l’autonomie et l’inclusion. Ancrée dans son territoire, l’association œuvre chaque jour pour offrir un cadre sécurisant, humain et ouvert sur la vie sociale.

L’association Nid d’Auvergne :
Le foyer occupationnel, créé en 1982 à la suite de la reconversion d’un Institut Médico-Professionnel, accueille aujourd’hui 48 adultes en situation de handicap mental, quelle que soit la nature ou le degré de leur handicap. La mission est d’offrir à chacun un cadre de vie sécurisé et épanouissant, fondé sur l’accueil, le soin et un accompagnement social et éducatif personnalisé. Le foyer s’appuie sur l’expertise de plus de 40 professionnels qualifiés, engagés au quotidien pour favoriser le bien-être, l’autonomie et la qualité de vie des résidents.

Father Mother Sister Brother (VO)

Vendredi 20 février – 20h30

Film américain de Jim Jarmusch, avec Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Vicky Krieps

Durée : 1h51 – en VOST

Father Mother Sister Brother est un long-métrage de fiction en forme de triptyque. Trois histoires qui parlent des relations entre des enfants adultes et leur(s) parent(s) quelque peu distant(s), et aussi des relations entre eux. Trois histoires d’une quarantaine de minutes, situées dans le New Jersey, à Dublin, puis à Paris. Pour chacune, le cinéaste américain respecte à peu près le même déroulé : un trajet en voiture des (grands) enfants jusqu’au domicile parental, suivi d’un moment de « convivialité » partagé. Si chacun connaît les manies de l’autre, parents et enfants restent des énigmes les uns pour les autres. Par essence, mais aussi par volonté de se complaire dans une image faussée.

Ce film a été récompensé du Lion d’or à la Mostra de Venise 2025.

Jim Jarmusch a toujours pratiqué l’art du décalage, avec ses récits poétiques et minimalistes à l’humour pince-sans-rire. Un art du détail aussi, qui s’épanouit ici. Les deux premiers segments sont emplis de malaise et de silence, qui captent à la perfection cette distance. La réunion familiale prend la forme d’un jeu de dupes où chacun est ramené à un rôle attendu, en matière de genre ou de réussite. Contrepoint brillant et sentimental, la dernière partie rappelle combien la rupture de cette connexion – même fragile – peut faire l’effet d’une déflagration, tout en explorant la mémoire précieuse des racines et la puissance empathique de la fraternité.

Olivia

Vendredi 20 février – 18h30

Film d’animation de Irene Iborra, d’après le roman Olivia de Maite Carranza.

Durée : 1h11 – à partir de 8 ans

À 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer à une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit frère Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et hauts en couleur va transformer leur monde en un vrai film d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque défi un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.

Olivia a pour ambition de raconter, à hauteur du public pré-adolescent, une histoire de crise sociale. C’est un film sans pathos et plein de débrouilles, qui aide à grandir malgré les difficultés, avec comme outils, la force de l’imagination, la solidarité au quotidien, l’art de faire avec peu, d’oser demander de l’aide… D’une façon plutôt optimiste, nous sommes devant un Ken Loach de l’animation jeune public. Un film à voir résolument en famille, entre ami·es, et qui permettra d’aborder ces sujets dans de belles conversations, et peut-être même de construire un monde meilleur ! 

Que ma volonté soit faite

Vendredi 13 février – 20h30

Ciné-frissons ! Interdit – 12 ans

Film franco-polonais de Julia Kowalski, avec Maria Wróbel, Roxane Mesquida, Wojciech Skibinski

Durée : 1h35

La jeune Nawojka, qui vit avec son père et ses frères dans la ferme familiale, cache un terrible secret : un pouvoir monstrueux, qu’elle pense hérité de sa défunte mère, s’éveille chaque fois qu’elle éprouve du désir. Lorsque Sandra, une femme libre et sulfureuse originaire du coin, revient au village, Nawojka est fascinée et ses pouvoirs se manifestent sans qu’elle ne puisse plus rien contrôler.

Chronique paysanne âpre d’un côté, récit d’initiation satanique de l’autre, Que ma volonté soit faite est une pure expérience sensorielle à l’image rugueuse, accompagnée d’une bande-son qui puise dans le jazz, le doom et le black metal. Le mal suinte dans chaque plan, nous entraînant dans la folie de ses personnages jusqu’à l’embrasement. Voilà un film qui vient des tréfonds de l’âme, réalisé par une cinéaste initiée à la magie noire. Que ma volonté soit faite, deuxième long-métrage de Julia Kowalski fait partie de ces œuvres très personnelles aux références enfouies, aux sous-couches intimes, cinéphiliques. 

L’évangile de la Révolution

Mardi 27 janvier 2026 – 20h30

Documentaire français de François-Xavier Drouet

Durée : 1h55

Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XXe siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens, engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie. À rebours de l’idée de la religion comme opium du peuple, le film part à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont cru voir dans la révolution l’avènement du Royaume de Dieu, sur la terre plutôt qu’au ciel.

Voilà un film passionnant, salutaire, qui nous parle d’un temps et d’une Histoire que les moins de… cinquante ans (environ) ne peuvent pas connaître. Une histoire de religion et de politique qu’il est bon de remettre en lumière, car il fut un temps finalement pas si éloigné où, convaincus de l’essence révolutionnaire du christianisme, une grosse poignée de prêtres, curés, femmes et hommes d’Église ont voulu croire en l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre plutôt qu’au ciel et pris fait et cause pour « le peuple » contre les oligarques, propriétaires terriens, colons, militaires au pouvoir. C’était dans les années 1960 à 1980, à travers une Amérique Latine alors en proie aux dictatures, du Salvador au Mexique en passant par le Brésil, installées et financées en sous-main par les USA. Si la hiérarchie cléricale, dont l’histoire se confond avec la colonisation et le génocide des indigènes, est viscéralement anticommuniste et soutient les pouvoirs conservateurs, les représentants du bas clergé local (notamment jésuites ou dominicains) et de nombreuses religieuses, au contact de la misère de leurs ouailles, font preuve de plus en plus d’empathie avec les luttes populaires, soutiennent les soulèvements, certains prêtres prenant les armes au sein des guérillas, au nom du message du Christ. Et au grand dam des prélats et du Vatican.

« Le christianisme n’est pas l’opium du peuple, c’est l’opium de la bourgeoisie, qui vient calmer sa mauvaise conscience. » Leonardo Boff, théologien brésilien

L’agent secret

Vendredi 23 janvier 2026 – 20h30

Film brésilien de Kleber Mendonça Filho avec Wagner Moura, Gabriel Leone, Maria Fernanda Cândido

Durée : 2h40 – en VOST – Tout public avec avertissement

Brésil, 1977. Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. Cependant, son projet de renouveau est compromis lorsque les échos de son ancienne vie refont surface.

En se nourrissant de ses souvenirs d’enfance, de l’actualité passée et présente, des recherches qu’il a pu mener, notamment celles effectuées durant sept ans et qui vont aboutir à la réalisation du documentaire Portraits fantômes (2023), Kleber Mendonça Filho compose une œuvre foisonnante et bouillonnante. Une œuvre protéiforme, qui résulte d’une hybridation de nombreux genres et registres : du thriller et du western à la critique politique, au fantastique échevelé et à l’absurde, au carnavalesque et au satirique… Entre cinéma d’auteur et série B, le réalisateur mêle allègrement mythe et réalité.

Ce film a été récompensé au festival de Cannes 2025 du Prix de la mise en scène et du Prix d’interprétation masculine pour Wagner Moura.

Soleil noir

Dimanche 18 janvier 2026 – 16h

Séance spéciale en présence du réalisateur Michel Van Zele et de la chanteuse Michèle Bernard, projection suivie d’un échange, de quelques chansons et d’un apéro grignotte, libre participation aux frais

Documentaire français écrit et réalisé par Michel Van Zele, mis en musique et interprété par Michèle Bernard
Tourné en 16 mm couleur, 1984, produit par FR3 Lyon

Durée : 1h33

À la sortie de la guerre de 1939-1945, « la bataille du charbon » a été un enjeu crucial. Les mineurs ont été à l’avant-garde de ce défi économique. Ils ont répondu à l’appel du gouvernement en « retroussant leurs manches ». Au bout du compte, « ils l’ont eu jusqu’à l’os », selon l’expression de 1948 que cet opéra populaire dénonce à pleine voix.

Soleil noir, c’est une évocation chaleureuse de l’histoire des mineurs, les « gueules noires », toute une génération qui s’est sacrifiée pour la France pour redresser l’économie du pays après la guerre. Entre 1930 et 1970 les mineurs ont répondu à l’appel, ils ont gagné la bataille du charbon, puis on les a laissé crever. Ce film finalisé en 1984 après deux ans d’enquête montre des mineurs tous silicosés (cette silicose qui bétonne les poumons, cette poussière de charbon qui ramollit le cerveau et rend sourd), des extraits de films de propagande gouvernementale ou un effrayant document avec Maurice Thorez qui scande dans un discours : « Produisez, produisez, produisez ! L’intérêt de la classe ouvrière c’est de travailler ! » Soleil noir n’est tendre ni avec les syndicats, ni avec les médecins, ni avec le pouvoir, il a le grand mérite de montrer à la fois la réalité de la vie de mineur et l’emprisonnement des familles dans cet enfer…
Ces témoignages bouleversants sont illustrés par des vues de la mine aujourd’hui, par des films d’archives de la mine d’hier, par des extraits des actualités. Tout cela rythmé par des chansons réalistes qui viennent souligner les temps forts, laisser à l’émotion le temps de s’épanouir. Ces chansons ont été écrites par Michel Van Zele dans une langue simple et poétique, elles ont été mises en musique par Michèle Bernard qui les chante avec beaucoup de fougue. On n’est pas loin des goualantes de jadis, ou des chants révolutionnaires qui poussent spontanément dès que le peuple ouvre la bouche…

Animal Totem

Vendredi 9 janvier 2026 – 20h30

Comédie française de Benoît Delépine avec Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot, Pierre Lottin, Patrick Bouchitey

Durée : 1h29

Darius. Costume impeccable et (donc) valisette de représentant de commerce fixée au poignet, il débarque à l’aéroport de Beauvais (construit en pleine cambrousse à soixante kilomètres de la capitale) pour se rendre jusqu’au quartier affairiste et affairé de la Défense. Il est en mission mais atterrit sans avoir rien à déclarer, même pas carte bleue ni argent liquide… Qu’à cela ne tienne : il ira à pied à travers champs, zones commerciales, forêts et lotissements pavillonnaires. Son chemin est évidemment parsemé de rencontres improbables : une hackeuse anarcho-écologiste, un policier municipal surinvesti dans sa mission qui a vu trop de shérifs de cinéma… Mais surtout, Darius semble savoir parler non pas aux animaux, mais avec eux. Un peu comme Saint-François d’Assise, leur protecteur si l’on en croit les légendes médiévales. Ainsi notre porteur de valise s’entretient-il au fil de son périple avec un cerf, un renard, une chouette, une chenille, une mouche…

« Entre James Bond et Jacques Tati », est-il écrit en exergue sur l’affiche. Le compliment – bien trouvé par un journaliste de La Charente libre – n’est pas usurpé. Mais entre film de genre épuré et burlesque stylisé, Animal totem est probablement aussi, depuis Louise-Michel, le film le plus frontalement radical de son auteur.