
Cinémolette, un cinéma de village animé et proposé par des cinéphiles bénévoles de St-Julien-Molin-Molette. Les séances ont lieu dans la salle municipale La Passerelle.
- De la Comédie-Française
Vendredi 25 septembre 19h
Double séance avec un 2ème film à 21h. Entre les 2 films, apportez votre casse-croute, Cinémolette prépare le dessert et la tisane !

Comédie de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands
Durée : 1h15
Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.
Osons donc nous jeter sans retenue et avec joie dans cette délicieuse comédie estivale qui nous ouvre les portes de la Maison de Molière, nous promène dans les coulisses du « Français », des loges à la salle Richelieu, là où depuis 1799 se jouent les pièces les plus illustres du « Répertoire ». C’est une comédie brillante, ramassée en 1h15, autant dire qu’il n’y a pas de gras, pas de temps mort, rien à jeter, tout à garder. Envisager la maison de Molière comme le temple du théâtre, certes, mais avant tout comme un lieu de travail, avec son règlement, sa cantine chiche en nuggets, ses salariés et leurs travers, c’est la riche idée de cette fiction tournée au sein même de l’institution et intégralement interprétée par des membres de la Troupe. chaque réplique est pensée comme celle, vive, enlevée, d’une pièce de théâtre, façon Feydeau ou Courteline. Au-delà du plaisir immense qui se lit dans les yeux pétillants de ces artistes qui se prêtent avec jubilation à ce jeu, De la comédie française est bien sûr un vibrant hommage rendu à des professionnels dévoués corps et âme à la troupe, à leur sens de l’auto-dérision et à leur joie toujours renouvelée d’être sur scène soir après soir.
- The last viking (VO)
Vendredi 25 septembre 21h

Comédie noire danoise suédoise d’Anders Thomas Jensen, avec Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Lars Brygmann
Durée : 1h56 / en VOST / Interdit – 12 ans
Après quinze ans derrière les barreaux, Anker, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, n’en n’a plus aucun souvenir et l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…
La chasse au trésor est ouverte, et attention aux surprises… On ne déterre pas toujours ce que l’on cherche, surtout dans cette œuvre hybride ! Polar haletant à la Tarantino ? Drame familial à la Anderson ? Comédie burlesque à la Keaton ? Impossible de caractériser précisément la dernière pépite d’Anders Thomas Jensen qui mélange les genres avec maestria, nous entraînant dans une sanglante sarabande où se mêlent la violence et la compassion, le grotesque et le subtil, la dérision et l’émotion. Le réalisateur est clairement passé maître pour provoquer l’hilarité avec le tragique le plus absolu et surtout pour humaniser sa joyeuse bande de marginaux. Sous le vernis d’une extravagante farce scandinave se dissimule une exploration bien plus profonde et poignante des mécanismes du souvenir. Derrière l’ironie affleure quelque chose de plus intime, le poids des non-dits, les blessures familiales, la fraternité cabossée. La mécanique comique sert de tremplin à un récit profondément humain où les cicatrices du passé remontent à la surface. On ressort du film hilare et ému, avec la sensation d’avoir vu une comédie noire se transformer en élégie fraternelle. Du grand cinéma populaire et singulier.
- Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2 (VO)
Mardi 29 septembre 20h30
Séance en préambule du F.R.I.G.O. (Festival des Résistances aux Idées Gravement Oppressives), festival antifasciste et solidaire avec de nombreux évènements sur Saint-Julien-Molin-Molette, Annonay et alentour, du 16 octobre au 22 novembre 2026.

Documentaire de Olivier Azam et Daniel Mermet avec Howard Zinn, Noam Chomsky, Chris Hedges
Durée : 1h52 – en VOST
« Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs… » Howard Zinn (1922-2010) est un historien américain qui a consacré son travail à démonter les mythes fondateurs des États-Unis, de Christophe Colomb, « premier impérialiste européen », à Thanksgiving, célébration de la prétendue concorde entre pèlerins et indiens d’Amérique. En 1980, il publie Une histoire populaire des États-Unis*, un ouvrage fondamental qui révèle aux Américain·es une part de leur passé longtemps ignorée. À travers cinq siècles d’histoire populaire, il donne la parole à celleux qui ont peuplé le récit américain sans en être les héros et héroïnes officiel·les : les esclaves révolté·es, les Indien·nes massacré·es, les ouvrières en lutte pour le pain et les roses…
Dix ans après la sortie au cinéma du premier volet consacré à l’œuvre d’Howard Zinn, le documentariste engagé Olivier Azam et le créateur de l’émission culte Là-bas si j’y suis, Daniel Mermet, repartent en croisade pour illustrer la parole minoritaire de Howard Zinn. Un pas de côté ô combien nécessaire face à une Amérique rongée de l’intérieur par le fascisme et la désinformation. Une vision qui s’impose aujourd’hui comme un contre-feu indispensable à la guerre idéologique menée par Donald Trump, qui a ouvertement fait du travail d’Howard Zinn sa bête noire… Voici donc ce deuxième film, complémentaire, insistant sur d’autres aspects développés par l’historien. Retraçant en parallèle la vie d’Howard Zinn, leur documentaire compose un menu passionnant et éclairant.**
Au programme : Christophe Colomb et les origines de l’impérialisme / Le Zinn Education Project / Le mythe de Thanksgiving / L’extermination des peuples autochtones / Les années 1920 et la crise de 1929 / Sacco et Vanzetti / La Grande Dépression et les migrations / Les « Scottsboro Boys » / Le « petit blanc » et la question sociale / Bonus Army march / Le premier et second New Deal / Nazisme vs New Deal / La Guerre d’Espagne / Henry Ford : industrie, racisme et fascisme / L’entrée en guerre des États-Unis / Départ de Howard Zinn pour combattre en Europe…
*Une histoire populaire des Etats-Unis est paru en France en 2002 aux éditions Agones. Le livre a été adapté en BD sous le titre Une histoire populaire de l’empire américain par Paul Buhle et Mike Konopacki (Vertige Graphic 2009 puis Éditions Delcourt 2018).
**Un troisième et dernier volet du documentaire devrait voir le jour en 2027 : par ici !
- Leurs champs du cœur
Vendredi 9 octobre 20h30
En partenariat avec Vent de bio, en préambule à la 10ème Foire bio de Pélussin qui aura lieu le dimanche 11, film suivi d’un échange et du verre de l’amitié offert par Vent de bio

Documentaire de Mickaël Denis-Shi
Durée : 1h18
Comment assurer une production alimentaire de qualité, rémunératrice pour ceux qui la produisent et accessible au plus grand nombre ? C’est cette question insoluble qui sert de point de départ à un tour de France de 15 agriculteurs qui nous parlent de leurs galères, des solutions possibles, de la beauté du métier aussi. A cœurs ouverts, ils nous livrent des témoignages sincères, touchants, qui donnent envie de se mettre en mouvement pour, collectivement, améliorer notre manière de nous nourrir. Comment assurer une production alimentaire de qualité, rémunératrice pour ceux qui la produisent et accessible au plus grand nombre ? Un tour de France de 15 agriculteurs qui nous parlent, à cœurs ouverts, de leurs galères, des solutions possibles, de la beauté du métier aussi.
Manger est une chose tellement banale que l’on ne se rend même plus compte de ce qu’implique la production de notre alimentation. Pourtant l’agriculture est devenue la première cause de disparition des espèces sauvages et le système agro-alimentaire, la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Face à ces constats écrasants, certains tentent de nous nourrir en coopération avec le vivant. Ces exemples, qui représentent bien peu à l’échelle globale, sont-ils la preuve qu’une autre voie est possible ? Est-il réaliste d’attendre des agriculteurs qu’ils changent radicalement leurs pratiques alors qu’ils peinent à vivre de leur métier et qu’ils sont acculés par un amas administratif et réglementaire ? Devant ces enjeux complexes, on entend trop peu la parole des premiers concernés. Voici donc un documentaire qui leur donne enfin la parole. Mickaël Denis a su recueillir des témoignages variés à travers la France métropolitaine pour en faire un documentaire particulièrement touchant. De nombreuses problématiques sont traitées de manière très pédagogique, allant de la PAC à la santé en passant par la consommation et la vente directe. Leurs champs du cœur permet d’identifier clairement le rôle des consommateurs et consommatrices, des citoyens et citoyennes et des politiques publiques pour une meilleure reconnaissance de l’utilité sociale des agriculteurs et agricultrices et pour tendre vers des modes de production et de consommation plus durables…
- Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween
Mardi 20 octobre 14h30
En avant-première, dans le cadre du festival jeune public « Des Toiles plein les yeux », tarif unique 4€, film suivi d’un goûter offert par le cinéma Le Foyer

Film d’animation (aventure, comédie, famille) de Steve Cox et Matthew Walker
Durée : 1h20
À Halloween, les habitants de la ferme de Mossy Bottom se réjouissent des festivités, jusqu’à ce que le Fermier maladroit saccage les citrouilles bien-aimées du troupeau. Lorsque Shaun se transforme en scientifique fou pour résoudre le problème, les choses dérapent : le Fermier disparaît et une bête sauvage rôde dans les bois.
- La frappe
Vendredi 23 octobre 20h30

Drame de Julien Gaspar-Oliveri, avec Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli
Durée : 1h46 – Tout public avec avertissement
Enzo, 19 ans et sa soeur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.
Après une mini-série remarquée, « Ceux qui rougissent », et plusieurs pièces dont « La Gueule ouverte », déjà consacrée au thème de l’inceste, La Frappe est le premier long-métrage de Julien Gaspar-Oliveri. Si le sujet est autobiographique, l’histoire, elle, ne l’est pas, ce qui lui permet à la fois une proximité et une certaine distance avec ses personnages, et de toucher au cœur des conséquences à l’âge adulte des violences sexuelles intrafamiliales. Rarement, voire jamais, n’a été abordé avec autant de force et d’acuité ce qu’il advient de l’amour filial après un tel traumatisme. À sa manière — naturaliste, fiévreuse, caméra tremblée, gros plans aimantés par les peaux, têtes scalpées par le cadre —, Julien Gaspar-Oliveri s’empare d’un sujet, pour livrer l’inverse d’un « film à sujet ». Gestes, regards et silences à l’appui, il montre que rien de solide ne se bâtit sur des ruines. Bastien Bouillon est impeccable dans le rôle du père, séducteur, sympathique et à la personnalité envahissante, dominante, inquiétante. Diego Murgia et Romane Fringeli sont extraordinaires dans le rôle des jeunes adultes. Julien Gaspar-Oliveri filme au plus près les sentiments contradictoires, la violence des émotions quand ce qui était caché surgit brutalement. Un premier film d’une grande justesse et bouleversant.
- Notre salut
Dimanche 25 octobre 15h
Séance suivie d’une discussion et proposée dans le cadre du F.R.I.G.O, le Festival des Résistances aux Idées Gravement Oppressives, festival local, antifasciste et solidaire.
Drame historique de Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit
Durée : 2h39
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle… lui.
C’est un film magistral. Aussi séduisant et déroutant dans sa forme épurée que résolument implacable dans son propos, cinglant. « Notre salut » est reparti du Festival de Cannes avec le Prix du scénario, mais il mériterait aussi la Palme du « film plus que nécessaire : indispensable ! » Parce que Swann Arlaud, parce que brillant, parce que terriblement d’actualité dans notre époque orwellienne où le confusionnisme semble devenu la norme et où notre Histoire récente (et singulièrement ses « heures les plus sombres ») est réécrite, toute honte bue, par les apologues du fascisme renaissant… Alors que la vieille Europe frémit sous le bruit des bottes, que les conflits sont de moins en moins larvés, « Notre salut » vient interroger nos silences, notre docilité face aux courants hégémoniques qui montent, face à ces milliardaires qui grignotent à bas bruit nos espaces d’expression, de libertés collectives, nos richesses humaines, notre monde. On pense forcément aux empires politico-financiers de Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé, Mark Zuckerberg, Elon Musk… à tous ceux qui, dans leur ombre, petites mains obligeantes, préparent le terrain, posent les premiers jalons du totalitarisme en marche. Tout comme d’aucuns le firent en 1940, quand se mit en place le régime de Pétain – là où débute cette histoire. Le crédo de cet Henri Marre ? Gagner en efficacité, appliquer les méthodes du fayolisme (pendant français du taylorisme) pour redresser la France au sortir de la débâcle… Comme tous les plus ou moins jeunes loups qui gravitent aux portes du pouvoir, néolibéraux avant l’heure, il n’est pas très regardant sur les conséquences sociales des politiques à mettre en place. Seuls comptent les chiffres, les résultats, le rendement… En bon petit soldat du système obnubilé par sa survie sociale, le « bon » père de famille, loin des siens, avance ses pions, indifférent au reste du monde. Dans le fond, ce « Monsieur Henri », familier, banal, tend un miroir sans concession à notre époque… Vous l’aurez noté : cet anti-héros porte le même patronyme que le réalisateur, et cela ne tient pas du hasard. Emmanuel Marre puise dans sa propre histoire familiale, celle de ses arrière-grands parents, pour traquer les zones d’ombre de notre récit national. Pour précisément gratter là où les histoires intimes ont été occultées par la grande Histoire. C’est du grand cinéma, qui remet les pendules à l’heure, sans faux semblants. Continuellement inventif, il fait une force de sa fragile économie, se joue des anachronismes pour mieux bousculer le confortable recul historique de son évocation du fascisme quotidien… Indispensable à l’heure où refleurissent mine de rien les slogans collaborationnistes : « Travail, Famille, Patrie ». Un film lumineux et sombre qui claque comme une évidence et permet de décrypter notre époque, la remettre dans une perspective globale. À Cannes, au bout de l’interminable ovation qui suivit la présentation de son film, on vit Emmanuel Marre, ému mais d’une singulière gravité, asséner par deux fois : « plus jamais ça ». On ne saurait mieux dire.
- Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous ?
Mardi 10 novembre 20h30
Séance suivie d’un échange en visio avec Jean-Baptiste Rivoire et proposée dans le cadre du F.R.I.G.O, le Festival des Résistances aux Idées Gravement Oppressives, festival local, antifasciste et solidaire.
Une enquête OFF INVESTIGATION de Jean-Baptiste Rivoire réalisée par Matéo Larroque, Clara Menais et Mila Branco, avec Guillaume Meurice, Lionel Dutemple, Sandrine Alexi
Durée : 1h37
En France, rire des puissants est devenu un sport à risque. En trente ans, les humoristes les plus libres de la télévision et de la radio ont été méthodiquement neutralisés, marginalisés, censurés, voire virés. Dans l’audiovisuel public comme dans les médias privés, le même mécanisme se répète : on tolère la satire tant qu’elle ne mord pas. Dès qu’elle touche au pouvoir, on coupe le micro. Des plateaux de Canal+ aux studios de France Inter en passant par les couloirs de France Télévisions, du règne de Nicolas Sarkozy à celui d’Emmanuel Macron, ce documentaire retrace la mécanique d’une mise au silence qui en dit long sur l’état réel de la liberté d’expression dans l’audiovisuel français.