
Cinémolette, un cinéma de village animé et proposé par des cinéphiles bénévoles de St-Julien-Molin-Molette. Les séances ont lieu dans la salle municipale La Passerelle.
- Maigret et le mort amoureux
Dimanche 5 avril 2026 – 16h

Film policier franco-belge de Pascal Bonitzer, avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot
Durée : 1h20
Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…
Il y a du théâtre et de la tragédie antique dans cette histoire, et Pascal Bonitzer ne s’y est pas trompé en choisissant des interprètes essentiellement issus de la scène avec, au centre, Denis Podalydès de la Comédie Française, qui prête sa verve et sa malice au commissaire Maigret. Pas du tout bedonnant, pas franchement corpulent, il impose pourtant son incarnation du personnage avec ses trois accessoires cultes – un pardessus, un chapeau, une pipe, comme autant de vestiges d’un autre âge, anachronisme délicieux dans ce récit censé se dérouler au début du XXIe siècle –, avec sa détermination aussi vive que son esprit, avec son verbe incisif et sa normalité joyeuse. Mais c’est toute la distribution, étincelante, qu’il faudrait citer : on en distinguera l’exceptionnelles Anne Alvaro (immense tragédienne qui sait que jouer le drame exige de l’humour). Ce qui fait du bien également, c’est cette sensation de glisser, le temps d’un film, dans une bulle hors du temps, loin du fracas du monde, de sa course assommante à la modernité, et de voir à l’œuvre l’intelligence, la profondeur du récit et l’incroyable vitalité de ses personnages.
- La maison des femmes
Vendredi 10 avril 18h

Film français de Mélisa Godet, avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara
Durée : 1h50
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
Dans ce lieu pionner où soins, écoute et solidarité s’entremêlent pour accompagner les femmes victimes de violences sur le chemin de la reconstruction, il y a toujours beaucoup de vie, de mouvement, d’agitation. On y vit au rythme des désillusions sur les soutiens budgétaires, sur la peur de manquer de moyens, sur les petits conflits au sein des équipes – parce qu’on n’a pas toujours la même vision du monde – et sur l’attachement indéniable, et parfois douloureux, aux patientes. Dans la maison on rit, on pleure, on se soutient, bref, une maison comme un idéal de société où chacun·e apporte sa pierre à l’édifice à sa façon, dans l’entraide et le respect. Inspiré de faits très réels, cette fiction a l’immense mérite de rendre visible l’extraordinaire travail de ces équipes au service des femmes, de nous faire pénétrer dans les coulisses d’une structure portée à bout de bras par des professionnel·les de multiples disciplines investi·es d’une même mission de service public, celle du soin. Ces infirmières, médecins, psychologues, thérapeutes, assistantes sociales, secrétaires… au service de leurs semblables, dans cette Maison qui est aussi un peu la leur. Ce film à vocation populaire, prouve que l’émotion au cinéma peut devenir d’utilité publique !
- Rue Málaga (VO)
Vendredi 10 avril 20h30

Film multinational (Maroc, France, Espagne, Allemagne, Belgique) de Maryam Touzani avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane
Durée : 1h57 – en VOST
Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.
Après Le Bleu du caftan, la Marocaine Maryam Touzani revient avec une emballante tragi-comédie en forme d’hommage à sa ville natale, Tanger, et à sa grand-mère andalouse, à laquelle est dédié le film. Maryam Touzani est une cinéaste des émotions. Le récit suit la lente renaissance de Maria Angeles. Elle filme avec douceur la redécouverte de son corps, de son désir, de sa sensualité. Elle ajoute même une touche de malice irrésistible quand Maria Angeles raconte avec force détails ses aventures à son amie Josepha, bonne sœur ayant fait vœu de silence. Pour récupérer son appartement, Maria Angeles trouve également une idée à la fois conviviale et transgressive. Porté par une Carmen Maura exceptionnelle, Rue Málaga est à la fois courageux, subversif, drôle, touchant… et tout simplement beau. Une formidable tragi-comédie sur l’enracinement et la force de la vieillesse !
- Ceux qui comptent
Vendredi 24 avril 20h30
Un invité en début de séance : court-métrage et intervention du réalisateur Oliver Arnold, en préambule au film de la soirée, Ceux qui comptent, qui débutera à 21h
Comédie dramatique française de Jean-Baptiste Leonetti, avec Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque
Durée : 1h38
Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible.
Jean et Rose se rencontrent par hasard dès le début du film dont les premières minutes relèvent d’une audace comique rare dans le cinéma français contemporain! Ces deux marginaux attachants forment peu à peu un duo mal assorti, mais particulièrement touchant. Le film affirme d’emblée un ton irrévérencieux, porté par une liberté qui ne le quittera jamais tout à fait. Ni farce, ni romance, il déjoue toutes les issues évidentes, pour développer une fable tendre, touchante et drôle sur la solidarité. Porté par une Sandrine Kiberlain éclatante de fantaisie et un Pierre Lottin en pleine maturité artistique, Ceux qui comptent raconte la rencontre de deux solitudes, avec une liberté de ton et une humanité rares, sans jamais céder au misérabilisme. Le film s’attache moins aux explications qu’à ce qui circule entre les êtres, dans ces espaces fragiles où une forme de famille finit par émerger, sans jamais être nommée comme telle.
- Marsupilami
Dimanche 26 avril 14h
Projection programmée à l’occasion du vide-grenier organisé par la Sou des écoles
Comédie familiale française de Philippe Lacheau, avec Philippe Lacheau, Jamel Debbouze, Élodie Fontan
Durée : 1h39 – Tout public dès 6 ans
Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !
Burlesque exubérant, humour absurde, vannes en rafale, références parodiques au ciné américain des années 80, quelques détours sous la ceinture, mais aussi un humour bon enfant autour d’une histoire visant finalement à dénoncer le trafic d’animaux. Ce Marsupilami de Philippe Lacheau n’a pas la mélancolie de son prédécesseur (d’Alain Chabat) ni sa facétie d’opérette, mais il assume sa nature de comédie pop contemporaine, généreuse. Grâce à un savant mélange réunissant l’esprit de la BD de Franquin, l’humour potache du réalisateur, l’énergie de Jamel et la mignonnerie du héros à poils jaunes, cette comédie vitaminée et drôle divertira toute la famille.
- Orwell : 2+2=5
Mardi 28 avril 20h30

Documentaire américano-français de Raoul Peck, avec Eric Ruf, Damian Lewis
Durée : 2h – en VOST
1949. George Orwell termine ce qui sera son dernier mais plus important roman, 1984. Orwell : 2+2=5 plonge dans les derniers mois de la vie d’Orwell et dans son œuvre visionnaire pour explorer les racines des concepts troublants qu’il a révélés au monde dans son chef-d’œuvre dystopique : le double discours, le crime par la pensée, la novlangue, le spectre omniprésent de Big Brother… des vérités sociopolitiques qui résonnent encore plus puissamment aujourd’hui. Par un montage virtuose (collage d’archives, d’extraits des adaptations cinématographiques, d’images historiques et contemporaines…), Raoul Peck dévoile la pertinence de la pensée d’Orwell pour décrypter le monde d’aujourd’hui. Son documentaire, éminemment politique, est aussi saisissant que terrifiant.
« Pourquoi Orwell ? Pourquoi maintenant ? Aujourd’hui, nous avons la réponse. Il a tout vu. Tout analysé. Tout prédit. Il est presque ironique de constater à quel point chacun cherche désormais à se réclamer de lui. Il est salué comme un prophète de l’apocalypse ; accusé d’avoir trahi les idéaux socialistes ; diabolisé comme un colonisateur ; instrumentalisé par des néo-conservateurs en quête de légitimité ; vénéré comme un messie par ceux qui recherchent une foi aveugle. Il demeure pourtant singulier, à la fois intransigeant et indomptable. Son nom est devenu un adjectif évocateur – orwellien – pour désigner les mécanismes autoritaires et les mutations de notre monde contemporain. Ses formules littéraires et ses idées sont reprises en permanence, telles quelles ou sous de nouvelles déclinaisons. Il est désormais partout autour de nous. En ces temps d’incertitude, près d’un siècle plus tard, le moment est venu de confronter le mythe à la réalité. » Raoul Peck