Vendredi 5 décembre 2025 – 20h30

Film france-belgo-luxembourgeois de Joachim Lafosse avec Eye Haïdara, Jules Waringo, Leonis Pinero Müller
Durée : 1h32
Sana, mère célibataire cumule deux emplois et des tonnes de fatigue pour élever ses jumeaux d’une dizaine d’années. Lorsque l’opportunité d’offrir à ses fils des vacances de printemps tombe à l’eau, elle décide avec eux de partir tout de même, et de séjourner dans la belle villa, résidence secondaire luxueuse, de son ex-belle famille, sur la Côte d’Azur. En cachette. L’alarme qui résonne quand ils entrent dans la maison ne sera que le premier coup de semonce d’une semaine placée sous tension. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance.
Sur ce fil du rasoir, Eye Haïdara marche droite. C’est un cinéma de petits riens, de gestes évités, de regards détournés, dont la mise en scène et la comédienne trouvent la juste mesure. Cette trame volontairement ténue laisse la place aux interrogations, les assignations de classe, l’illusoire mobilité sociale et le déclassement, le droit universel à la beauté… Un film bref, à la fois radieux et mélancolique, ponctué de chuchotis prudents et de dîners à la bougie, faute d’électricité pour ne pas alerter les voisins. Centré sur la mère déclassée, dont la caméra scrute la lassitude, les inquiétudes, la joie retrouvée le temps d’une fête ou quand miroite un nouvel amour… Six Jours, ce printemps-là se déroule en mode mineur, sans guère de heurts — si ce n’est qu’un sale type parlerait à Sana sur un autre ton si elle était blanche. In fine, la violence de classe saute aux yeux, et prend à la gorge quand les choses rentrent dans l’ordre bourgeois, chacun sa place, lors d’une scène d’humiliation glaçante. Reste que la mère veille et que la conclusion, splendide, lui doit absolument son goût de revanche.