Séances Cinémolette : Programmation 2026

L’agent secret

Vendredi 23 janvier 2026 – 20h30

Film brésilien de Kleber Mendonça Filho avec Wagner Moura, Gabriel Leone, Maria Fernanda Cândido

Durée : 2h40 – en VOST – Tout public avec avertissement

Brésil, 1977. Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. Cependant, son projet de renouveau est compromis lorsque les échos de son ancienne vie refont surface.

En se nourrissant de ses souvenirs d’enfance, de l’actualité passée et présente, des recherches qu’il a pu mener, notamment celles effectuées durant sept ans et qui vont aboutir à la réalisation du documentaire Portraits fantômes (2023), Kleber Mendonça Filho compose une œuvre foisonnante et bouillonnante. Une œuvre protéiforme, qui résulte d’une hybridation de nombreux genres et registres : du thriller et du western à la critique politique, au fantastique échevelé et à l’absurde, au carnavalesque et au satirique… Entre cinéma d’auteur et série B, le réalisateur mêle allègrement mythe et réalité.

Ce film a été récompensé au festival de Cannes 2025 du Prix de la mise en scène et du Prix d’interprétation masculine pour Wagner Moura.

Soleil noir

Dimanche 18 janvier 2026 – 16h

Séance spéciale en présence du réalisateur Michel Van Zele et de la chanteuse Michèle Bernard, projection suivie d’un échange, de quelques chansons et d’un apéro grignotte, libre participation aux frais

Documentaire français écrit et réalisé par Michel Van Zele, mis en musique et interprété par Michèle Bernard
Tourné en 16 mm couleur, 1984, produit par FR3 Lyon

Durée : 1h33

À la sortie de la guerre de 1939-1945, « la bataille du charbon » a été un enjeu crucial. Les mineurs ont été à l’avant-garde de ce défi économique. Ils ont répondu à l’appel du gouvernement en « retroussant leurs manches ». Au bout du compte, « ils l’ont eu jusqu’à l’os », selon l’expression de 1948 que cet opéra populaire dénonce à pleine voix.

Soleil noir, c’est une évocation chaleureuse de l’histoire des mineurs, les « gueules noires », toute une génération qui s’est sacrifiée pour la France pour redresser l’économie du pays après la guerre. Entre 1930 et 1970 les mineurs ont répondu à l’appel, ils ont gagné la bataille du charbon, puis on les a laissé crever. Ce film finalisé en 1984 après deux ans d’enquête montre des mineurs tous silicosés (cette silicose qui bétonne les poumons, cette poussière de charbon qui ramollit le cerveau et rend sourd), des extraits de films de propagande gouvernementale ou un effrayant document avec Maurice Thorez qui scande dans un discours : « Produisez, produisez, produisez ! L’intérêt de la classe ouvrière c’est de travailler ! » Soleil noir n’est tendre ni avec les syndicats, ni avec les médecins, ni avec le pouvoir, il a le grand mérite de montrer à la fois la réalité de la vie de mineur et l’emprisonnement des familles dans cet enfer…
Ces témoignages bouleversants sont illustrés par des vues de la mine aujourd’hui, par des films d’archives de la mine d’hier, par des extraits des actualités. Tout cela rythmé par des chansons réalistes qui viennent souligner les temps forts, laisser à l’émotion le temps de s’épanouir. Ces chansons ont été écrites par Michel Van Zele dans une langue simple et poétique, elles ont été mises en musique par Michèle Bernard qui les chante avec beaucoup de fougue. On n’est pas loin des goualantes de jadis, ou des chants révolutionnaires qui poussent spontanément dès que le peuple ouvre la bouche…

Animal Totem

Vendredi 9 janvier 2026 – 20h30

Comédie française de Benoît Delépine avec Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot, Pierre Lottin, Patrick Bouchitey

Durée : 1h29

Darius. Costume impeccable et (donc) valisette de représentant de commerce fixée au poignet, il débarque à l’aéroport de Beauvais (construit en pleine cambrousse à soixante kilomètres de la capitale) pour se rendre jusqu’au quartier affairiste et affairé de la Défense. Il est en mission mais atterrit sans avoir rien à déclarer, même pas carte bleue ni argent liquide… Qu’à cela ne tienne : il ira à pied à travers champs, zones commerciales, forêts et lotissements pavillonnaires. Son chemin est évidemment parsemé de rencontres improbables : une hackeuse anarcho-écologiste, un policier municipal surinvesti dans sa mission qui a vu trop de shérifs de cinéma… Mais surtout, Darius semble savoir parler non pas aux animaux, mais avec eux. Un peu comme Saint-François d’Assise, leur protecteur si l’on en croit les légendes médiévales. Ainsi notre porteur de valise s’entretient-il au fil de son périple avec un cerf, un renard, une chouette, une chenille, une mouche…

« Entre James Bond et Jacques Tati », est-il écrit en exergue sur l’affiche. Le compliment – bien trouvé par un journaliste de La Charente libre – n’est pas usurpé. Mais entre film de genre épuré et burlesque stylisé, Animal totem est probablement aussi, depuis Louise-Michel, le film le plus frontalement radical de son auteur.