Vendredi 9 janvier 2026 – 20h30

Comédie française de Benoît Delépine avec Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot, Pierre Lottin, Patrick Bouchitey
Durée : 1h29
Darius. Costume impeccable et (donc) valisette de représentant de commerce fixée au poignet, il débarque à l’aéroport de Beauvais (construit en pleine cambrousse à soixante kilomètres de la capitale) pour se rendre jusqu’au quartier affairiste et affairé de la Défense. Il est en mission mais atterrit sans avoir rien à déclarer, même pas carte bleue ni argent liquide… Qu’à cela ne tienne : il ira à pied à travers champs, zones commerciales, forêts et lotissements pavillonnaires. Son chemin est évidemment parsemé de rencontres improbables : une hackeuse anarcho-écologiste, un policier municipal surinvesti dans sa mission qui a vu trop de shérifs de cinéma… Mais surtout, Darius semble savoir parler non pas aux animaux, mais avec eux. Un peu comme Saint-François d’Assise, leur protecteur si l’on en croit les légendes médiévales. Ainsi notre porteur de valise s’entretient-il au fil de son périple avec un cerf, un renard, une chouette, une chenille, une mouche…
« Entre James Bond et Jacques Tati », est-il écrit en exergue sur l’affiche. Le compliment – bien trouvé par un journaliste de La Charente libre – n’est pas usurpé. Mais entre film de genre épuré et burlesque stylisé, Animal totem est probablement aussi, depuis Louise-Michel, le film le plus frontalement radical de son auteur.