Cinémolette à Cannes

Du 22 au 26 mai 2017, 2 émissaires Cinémolette envoyés sur la croisette…

À raison de 3 à 5 films par jour, nos impressions, sur cette page, en presque direct !

JEUDI 25 MAI

La séance traditionnelle de 8h30 : GOOD TIME, de Benny & Josh Salfdie… Une cavale infernale, beaucoup de violence pour ce début de matinée mais ambiance bien prenante… par contre, il fallait vraiment les boules Quiès !
Ensuite, direction l’Argentine, avec LA NOVIA DEL DESIERTO (La fiancée du désert), 1er film de Cécilia Atan & Valeria Pivato : ouh que ça faisait du bien de changer d’ambiance, à la recherche du sac de Teresa, un personnage touchant qui découvre une autre vie par la force des choses.

L’après-midi, Didier choisit la glandouille au soleil et tombe sur une horde de personnalités… Ci-dessous une série de photos prises sur le vif tout exprès pour vous !

Pendant ce temps-là, Rachel enchaine des films dans une petite salle moins courue, le théâtre Alexandre III, et pour seule star en présence elle se retrouve aux côtés de Bernard Menez… Deux belles projections dans des styles encore bien différents :
COBY, 1er film de Christian Sonderegger, qui filme sa sœur devenue son frère, puisqu’il s’agit du parcours de Suzanna qui devient Coby : tout sur le transgenre au sein d’une famille qui accepte la transformation et nous livre généreusement cette tranche de vie étonnante,
LA DEFENSA DEL DRAGON, vu par Didier hier : pour moi aussi ça a bien fonctionné, des personnages quelque peu loosers et bien attachants.

On se retrouve tous deux à la séance de I AM NOT A WITCH, 1er film de Rungano Nyoni, où il est question de sorcellerie en Zambie. Là encore un véritable OVNI, un film osé, la sorcellerie traitée à moitié en farce, un représentant du gouvernement et des touristes qui en prennent pour leur grade, grosse farce mais aussi tragédie… L’histoire d’un jeu dangereux qui a valu la standing ovation pour l’équipe du film qui a fondu en larmes devant l’enthousiasme du public. Que d’émotions !

Et pour finir, sur la plage, la Grèce était à l’honneur, avec un concert de rebetiko suivi du tout nouveau film de Tony Gatliff en première mondiale : DJAM, où l’on suit dans leurs pérégrinations deux jeunes filles et ceux qu’elles croisent, des passés douloureux sur fond de pays en crise et drame des migrants, le tout baigné dans une énergie portée par la musique, ce rebetiko à mi chemin entre le blues et la fête.

MERCREDI 24 MAI

8h30, on démarre par une séance de la compétition officielle : THE BEGUILED (Les proies), de Sofia Coppola, un bon huit-clos en pleine guerre de sécession avec Nicole Kidman et Colin Farrell…

Et après, direction Théâtre de la Croisette, pour une sélection de la Quinzaine des réalisateurs, avec un 1er film de Sonia Kronlund : NOTHINGWOOD… Ni le Hollywood américain, ni le Bollywood indien, nous voici en Afghanistan, avec zéro moyen, d’où « nothing »wood ! Un documentaire OVNI, du burlesque en pleine guerre, et au-delà de ça, la force de continuer à vivre, à créer et à divertir malgré les massacres dans le pays… On y fait la rencontre du populaire et incroyable acteur-réalisateur-producteur Salim Shaheen, film d’une réalisatrice qui a su jongler avec prises comiques sur le vif et questionnements plus profondsa, à découvrir absolument ! L’équipe du film était là pour un échange après la projection, un moment fort !

Puis, pour Didier, direction Amérique latine :
LA CORDILLERA (El presidente), film argentin de la sélection Un certain regard, de Santiago Mitre, avec notre acteur fétiche Ricardo Darin. Politique, corruption, famille, vaste programme bien haletant…
LA DEFENSA DEL DRAGON, 1er film colombien de Natalia Sauta : trois personnages entre déchéance, jeux d’échecs et histoires d’amour… Encore un tout autre univers, bien apprécié.

Pendant ce temps-là, Rachel enchaine 2 films français, de styles diamétralement opposés, la tournée des Vincent :
POUR LE RÉCONFORT,  1er film réalisé par Vincent Macaigne, dans la sélection des films ACID : un sujet passionnant, classes sociales héritage et retour aux sources, ceux qui sont partis ceux qui sont restés et ceux qui vivent par procuration… Filmé à l’arrache, une forme peu conventionnelle pour une bombonne d’énergie, beaucoup de mots et de cris, un peu laborieux…
RODIN, beaucoup plus conventionnel, le nouveau film de Jacques Doillon avec Vincent Lindon et Izia Higelin… Comment dire… Je m’y suis bien ennuyée, pas réussi à me plonger dans l’époque, pas passionnée par ces personnages peu sympathiques et qui ne transpirent aucunement leur passion de la sculpture…

Là-dessus, ce marathon de 4 films chacun avant 18h nécessite une pause alimentaire…
Rachel poursuit le soir avec LAST LAUGH 1er film de Zhang Tao, l’histoire d’une vieille paysanne accueillie chez ses enfants bien qu’aucun ne veuille s’occuper d’elle… tout simplement cruel !

En photo, quelques ambiances de salles contrastées, entre petites salles des sections parallèles et grande salle du palais…

MARDI 23 MAI

1er film de la journée dès 8h30 au Palais du Festival : HIKARI (Vers la lumière), film japonais de Naomi Kawase… Un film touchant ou lenteur et sensibilité étaient au rendez-vous, il y est question de perte de la vision et de description du cinéma pour les non-voyants…

Et Rachel enchaîne avec 24 FRAMES, d’Abbas Kiarostami : une suite de 24 tableaux entre contemplation et hypnose, où la neige, la mer et les corneilles sont les protagonistes principaux, avec souvent une pointe d’humour et une chute là où ne l’attend pas… Tandis que la salle se vidait petit à petit, j’ai beaucoup apprécié cette expérience sensitive qui faisait d’autant plus continuité avec le premier film : pas d’explication parlée des images cette fois, mais une sorte d’envoûtement…
Pendant ce temps-là, Didier arpente les nombreux stands du marché du film…

Séance de l’après-midi : une bonne heure et demie de queue sous le soleil pour voir JEUNE FEMME, 1er film de Léonor Serraille, avec la découverte de Laetitia Dosh qui crève l’écran et nous embarque au gré de ses pulsions. A cette séance on a retrouvé Gaël, Nicole, Claudine et Max de l’équipe du Festival d’Annonay : photo !

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Et après, difficile de circuler aux abords du Palais car c’est l’effervescence de la soirée du 70ème anniversaire du Festival de Cannes, avec une montée des marches très people, des paparazzis, des curieux, des mercedes, des yachts, des hélicos…

Film du soir : APRÈS LA GUERRE, 1er film d’Annarita Zambrano en présence d’une nombreuse équipe du film, sombre histoire politique suite à des mouvements étudiants de contestation en Italie… Un scénario captivant, des acteurs au top, mais Didier n’a pas pu lutter contre le sommeil, réveillé de temps à autre par une musique grandiloquente ! Mais il pourra se rattraper au Festival d’Annonay car toute l’équipe était emballée !

Et comme chaque jour, son pesant de créatures au hasard des rues : photos !

LUNDI 22 MAI

7h : départ du convoi depuis St-Julien-Molin-Molette
9h30 : embarcation de 2 blablacareuses à Avignon
11h30 : arrivée à l’appartement : merci au cinéma Le Foyer !

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Puis sur la croisette cosmopolite… et à partir de là, les films s’enchainent !

Didier choisit des films de la compétition officielle :
– THE KILLING OF A SACRED DEER (Mise à mort du cerf sacré), film grec de Yorgos Lanthimos : un film déroutant, apprécié mais qui laisse coi, et les oreilles pleines de sons métalliques…
– GEU-HU (Le jour d’après), film coréen de Hong Sang-Soo, du noir et blanc, drôle, un éditeur qui s’embrouille avec ses femmes, ouf, un film qui détend par rapport au précédent !

Pendant ce temps-là, Rachel opte pour la sélection de la Semaine de la Critique :
– UNE VIE SI VIOLENTE, 2ème film de Thierry de Peretti : la Corse, la montée de la violence… youyouille, dur à digérer pour une arrivée en douceur…
– OH LUCY ! 1er film d’Atsuko Hirayanagi : l’homo-americanus s’infiltre chez les Japonais et chamboule tout ! On passe d’une émotion à l’autre, on rigole, ou pas ! Gros coup de coeur !

19h30 : grignotterie sur un coin de table rue de la pompe, et on choisit de se diriger vers les petits cinémas de quartier…
– à l’Olympia, OTEZ-MOI D’UN DOUTE, de Carine Tardieu, avec notre cher François Damiens : chouette comédie pleine de rebondissements, bien divertissante, même si, pour nous, le doute persiste
– aux Arcades, avec un film de la sélection ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Distribution), KISS & CRY, de Chloé mahieu et Lila Pinell : adolescence et compétition de patinage… euh, nous on a piqué du nez…